IA et données terrain : ce que 20 ans d’évolution apprennent aux entreprises suisses
L’intelligence artificielle (IA) est désormais présente dans la plupart des PME suisses. Pourtant, quand il s’agit des données terrain, celles des contrôles, des interventions et des inspections, son usage reste rare. Pour comprendre cet écart, il faut regarder d’où viennent ces données et comment leur collecte a évolué depuis vingt ans.
DPC Solutions a fêté ses 20 ans en octobre, et nous avons retracé notre propre parcours dans un article dédié. Ici, nous proposons un autre regard : celui des entreprises suisses et de leurs équipes terrain, de 2006 à l’arrivée de l’IA.
Sommaire
- De 2006 à 2012 : le papier domine
- De 2013 à 2019 : la prise de conscience
- De 2020 à 2023 : l’accélération forcée
- De 2024 à 2026 : l’arrivée de l’IA
- Avant l’IA, fiabiliser ses données terrain
De 2006 à 2012 : le papier domine
Des processus encore largement manuels
Au milieu des années 2000, la plupart des entreprises suisses ont un site internet, mais il sert surtout de vitrine. En interne, les processus restent largement manuels. Sur le terrain, techniciens, contrôleurs qualité et inspecteurs remplissent des formulaires papier : rapports d’intervention, fiches de contrôle, états des lieux.
Ces formulaires ont de vrais atouts. Ils sont simples, ne tombent jamais en panne et chacun sait s’en servir, y compris avec des gants ou dans un environnement difficile.
Le vrai coût : la ressaisie au bureau
Le problème ne vient pas du papier lui-même, mais de ce qui se passe ensuite. Les formulaires reviennent au bureau, parfois plusieurs jours plus tard, et quelqu’un doit recopier les informations dans un tableur ou un logiciel de gestion.
Chaque ressaisie prend du temps et ajoute un risque d’erreur : un chiffre mal lu, une case oubliée, une date approximative. C’est sur ce constat que DPC Solutions a construit son approche dès le départ : partir du papier plutôt que de le remplacer, avec un stylo numérique qui transmet directement ce qui est écrit à la main.
De 2013 à 2019 : la prise de conscience
Des entreprises qui avancent prudemment
Au milieu des années 2010, le sujet s’invite dans les directions. En 2015, une étude de l’Université de Saint-Gall relayée par ICTjournal décrit des entreprises suisses conscientes de la nécessité d’évoluer, mais encore au début du chemin.
La prudence domine : on observe, on teste, on hésite à bousculer des processus qui fonctionnent. Cette retenue n’a rien d’un défaut. Elle reflète une exigence de fiabilité très présente dans les entreprises suisses, qui préfèrent un changement maîtrisé à une rupture brutale.
Tablettes et mobiles arrivent, sans remplacer le papier partout
Les tablettes et les smartphones se généralisent et ouvrent de nouvelles façons de saisir l’information sur le terrain. Mais toutes les équipes n’avancent pas au même rythme. Certains métiers adoptent l’écran rapidement, d’autres gardent le papier, plus pratique sous la pluie, dans un atelier ou lorsque le formulaire compte des dizaines de pages.
Dans les faits, beaucoup d’organisations combinent plusieurs outils. Chez DPC, cette réalité s’est traduite par une offre qui laisse le choix : le stylo, la tablette ou le mobile, selon les besoins de chaque équipe.
De 2020 à 2023 : l’accélération forcée
Le travail à distance révèle le coût des informations restées dans un classeur
La pandémie change la donne en quelques semaines. Avec le travail à distance, une information qui n’existe que sur papier, rangée dans un classeur au bureau, devient soudain difficile à consulter.
Les entreprises mesurent alors très concrètement ce que coûtent les données qui ne circulent pas : rapports introuvables, facturation retardée, décisions prises sans les bons éléments.
Relier le terrain aux logiciels de gestion devient une priorité
La question n’est plus seulement de saisir l’information, mais de la faire arriver au bon endroit : dans le logiciel de gestion, l’ERP ou l’outil de suivi qualité. Les entreprises cherchent à relier leurs équipes terrain à leurs outils de bureau, sans étape intermédiaire.
C’est dans cette logique que DPC a renforcé les liens entre ses solutions et les logiciels de gestion, notamment en devenant partenaire Odoo.
De 2024 à 2026 : l’arrivée de l’IA
Une IA présente dans la majorité des PME, mais encore loin du terrain
Selon l’étude AXA publiée en septembre 2026, trois PME suisses sur quatre utilisent désormais l’IA au quotidien. Cette proportion s’est stabilisée après une forte hausse entre 2024 et 2025. Les usages s’élargissent : 35 % des PME s’en servent pour optimiser leurs processus et 34 % pour analyser des données.
Les applications les plus répandues restent toutefois liées à la communication. Dans l’édition 2025 de la même étude, la traduction et la correspondance arrivaient en tête des usages.
L’enquête UBS de mai 2026, menée auprès d’environ 2 500 entreprises suisses, va dans le même sens : six entreprises sur dix utilisent l’IA, mais peu de manière systématique. Les économistes d’UBS relèvent aussi que les secteurs les mieux équipés en outils informatiques sont ceux où les entreprises sont le plus à même de tirer parti de l’IA.
Autrement dit, l’IA est entrée dans les bureaux. Sur le terrain, elle reste encore rare.
Une IA ne vaut que par les données qu’on lui confie
Analyse automatique, synthèse de rapports, repérage d’anomalies : les possibilités sont réelles. Mais elles reposent toutes sur une même condition, souvent oubliée.
Des informations notées deux fois, ressaisies plusieurs jours après, incomplètes ou mal datées produiront des résultats approximatifs, quelle que soit la qualité de l’outil d’analyse. Une erreur de recopie dans un rapport d’intervention ne disparaît pas parce qu’une IA le lit ensuite : elle se retrouve simplement dans ses conclusions.
La question des règles sur les données
Un autre point mérite attention. D’après l’étude AXA 2025, seul un tiers des PME qui utilisent l’IA se sont fixé des règles claires sur la protection des données.
Or les données terrain sont souvent sensibles : informations sur les clients, résultats de contrôle, données de santé dans certains secteurs. Savoir qui y a accès, où elles sont stockées et ce qu’on a le droit d’en faire est une question à régler avant de les confier à un outil d’IA, et non après.
Avant l’IA, fiabiliser ses données terrain
Ces vingt années montrent une chose : les entreprises qui tireront le meilleur parti de l’IA ne seront pas forcément celles qui l’adoptent en premier, mais celles dont les données sont fiables. Trois repères permettent de s’en assurer.
Saisir une seule fois, au moment du constat
Une information saisie directement sur le terrain, au moment où elle est constatée, ne passe par aucune étape de recopie. C’est la façon la plus simple d’éviter la double saisie et les erreurs qui l’accompagnent. Nous détaillons les bonnes pratiques dans notre article sur les formulaires terrain.
Dater et tracer chaque information
Une donnée sans date fiable perd une grande partie de sa valeur, en particulier lors d’un contrôle ou d’un litige. L’horodatage permet de savoir précisément quand une information a été saisie et par qui elle a été consultée. Le stylo numérique DiM.Pen, par exemple, horodate chaque saisie de façon sécurisée et infalsifiable, même sans réseau. Pour aller plus loin : qu’est-ce que l’horodatage et à quoi sert-il au quotidien.
Savoir où va la donnée après sa saisie
Collecter une information ne suffit pas : il faut savoir où elle est transmise, qui l’utilise, combien de temps elle est conservée. Cartographier ce parcours aide à repérer les ressaisies cachées et à préparer le terrain pour de futurs outils, IA comprise. Nous en présentons les grandes étapes dans notre article sur le cycle de vie des données.
L’IA ouvre de vraies perspectives pour les équipes terrain. Mais elle ne remplace pas une donnée bien collectée. Chez DPC Solutions, nous suivons ces évolutions avec le principe qui guide nos solutions depuis 2006 : les nouveaux outils doivent s’ajouter aux habitudes des équipes, pas les bouleverser. Pour voir comment fonctionne la saisie à la source sur vos propres formulaires, découvrez nos démonstrations en ligne.